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Payer pour facturer ? La rédaction du Soir monte au créneau

L’AJP le dénonce depuis le début novembre : la décision de Sudpresse d’imposer à ses pigistes de passer par la plateforme ProUnity pour leurs factures, et de leur prélever 3% des sommes pour ce « service », est inacceptable et contraire au droit des contrats.

La direction de Sudpresse n’a rien fait, sauf une proposition d’arriver graduellement aux 3%, pour entendre les freelances. Tout au contraire : le 20 novembre, lors d’une rencontre avec les pigistes, Pierre Leerschool, directeur du groupe, a clairement menacé les récalcitrants d’être remerciés. « Si vous n’êtes pas d’accord avec les conditions, vous vous retirez ». En matière de mépris de ses propres collaborateurs, on fait difficilement mieux.

La direction pensait-elle vraiment que cette ponction sur les revenus, déjà scandaleusement bas, allait passer comme une lettre à la poste ? Parmi les collaborateurs du groupe, et singulièrement de La Capitale, les résistances se font entendre. Elles viennent de trouver un précieux renfort au sein de la rédaction des salariés du Soir. Ceux-ci ayant appris que le système de sous-traitance via ProUnity était prévu aussi pour les indépendants réguliers du Soir à partir de juin 2018, la SJPS (Société des journalistes professionnels du Soir) présidée par Marc Metdepenningen, a interpelé la direction de Rossel et exprimé sa solidarité avec les indépendants concernés. Elle a, à ce sujet, signé le communiqué qu’on lira ci-dessous.

L’AJP, les collaborateurs indépendants du groupe Rossel et la SJPS poursuivent ensemble leurs démarches dans ce dossier.

Cher.e.s Collègues,

Le CA de la SJPS a appris l’entrée en vigueur, à compter du mois de juin 2018, du recours obligatoire par nos indépendants réguliers à une « plate-forme de facturation », prestataire extérieure de Rossel, pour prise en compte de leurs notes de piges.

L’inscription obligatoire à ce « service » externe, qui sera constitutive des « contrats de collaboration », implique la perception d’une commission de 3% sur les montants exposés des piges. Cela signifie, par exemple, qu’un indépendant régulier exposant 2.000 euros bruts mensuels se verra ponctionner un montant annuel de 720 euros pour être rétribué de ses prestations.

Le CA de la SJPS s’est inquiété de cette situation dès le 24 octobre, alors que le système commençait à être imposé (sous peine d’être virés) aux indépendants de Sudpresse. L’AJP s’est saisie depuis de ce dossier auquel le dernier numéro de « Journalistes » consacrait sa « Une ».

Le CA de le SJPS a réinterpellé la direction de Rossel sans obtenir, à ce jour, de réponse. Outre l’imposition arbitraire faite à nos indépendants réguliers, la SJPS interrogeait également la direction de Rossel sur les implications de la mise en œuvre de ce système de facturation en ligne sur l’introduction de notes de frais et de reportage par les journalistes salariés.

Cette ponction imposée à nos indépendants réguliers, contributeurs à l’image du journal, s’ajoute de manière autoritaire à d’autres atteintes, déjà dénoncées par la SJPS, tant à la rédaction-en-chef qu’à la direction générale, dont des tarifications journalière indignes (parfois 100 euros brut) et des retards récurrents (jusqu’à 6 semaines) des paiements des piges, reléguant certains de nos collègues indépendants à des situations d’humiliation et de précarité.

Ces situations sont indignes d’un journal dont les prises de position éditoriales, lorsqu’elles s’intéressent à autrui, se veulent intransigeantes à l’égard de pareilles pratiques.

Le CA de la SJPS exige de la direction de Rossel une réponse immédiate aux questions qui lui ont été communiquées.

Il exprime sa solidarité avec les actions entreprises par l’AJP et avec les travailleurs indépendants de Sudpresse dont certaines copies aboutissent, du fait des accords de collaboration intergroupe, dans les colonnes du « Soir ».

Le CA de la SJPS.

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