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"Rester vivants", un docu sur la jeunesse égyptienne

Pauline Beugnies, journaliste-photographe et membre de journalistefreelance.be, a suivi la résistance et la reconstruction de la jeunesse égyptienne après le Printemps Arabe. "Rester vivants", le documentaire qu’elle a réalisé, parle du temps qui passe, des idéaux qui s’égrènent, dans un contexte de répression violente et de propagande nationaliste. Il sera sur nos écrans au mois de décembre. Rencontre avec la réalisatrice en 3 questions.

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À la lecture du titre « Rester vivants », on s’attend à voir un film dur, noir, violent…

Oui, il est dur et violent. Mais ce n’est pas de la violence physique. Il est violent car il suit quatre jeunes Égyptiens pendant cinq ans. Il montre que tous leurs espoirs sont réprimés et anéantis par le régime autoritaire de l’ancien général al-Sissi, élu président en 2014, qui est sans doute pire que celui de Moubarak.

Au Caire, quand on se balade, ou quand on discute avec les gens, on entend souvent « On est déjà mort… », une expression qui illustre un certain fatalisme, mais pourtant pas de la résignation. Le titre arabe du film, c’est « Encore vivant  », mais qui sonne moins bien en français.

Dans quel contexte s’est réalisé ce film ?

J’ai vécu cinq ans au Caire, durant lesquels se sont déroulés le printemps arabe et la révolution. J’ai couvert les manifestations, j’ai suivi aussi des personnes que j’ai filmées et photographiées. Avec les photos, j’ai fait un livre et une expo sur le sujet (« Génération Tahrir »), mais je ne pouvais pas tout dire à travers des images. J’avais envie de donner la parole aux Égyptiens, que l’on entende ce qu’eux ont à dire.

Mais nos médias ont largement couvert ces événements.

Ici en Europe, on a une image erronée du monde arabo-musulman et à travers des portrait profonds, je voulais montrer qu’ils ont les mêmes aspirations que nous, comme celle de la liberté.

Et puis, quand une de mes photos sert d’illustration à un article, je ne maitrise pas les propos de celui-ci. Dans le film, j’ai beaucoup plus de liberté, c’est moi qui raconte et j’assume complètement le propos.

B.A.

Le documentaire sort au mois de décembre 2017. Toutes les dates de projections se trouvent sur le site dédié au film.

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